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Le grand merci que je dois à la vie Non à la mienne mais à toute vie Car tu es femme entière à la folie Et rien n’a pu te réduire à toi-même Dors mon enfance ma confiance d’or Sur la litière où nous n’avons qu’un cœur Fuyez misères à visage d’homme Veiller sur toi c’est rêver d’être toi
C’est être sérieux Sans avoir rien appris Si de raison ma tête s’éclairait Je ne serais qu’un homme qui a tort Baiser m’enivre un peu plus qu’il ne faut Je suis futur et rien n’a de limites Toi l’endormie moi l’homme sans sommeil Nous partageons une marge indistincte De fruits de fleurs de fruits couvrant les fleurs Et de soleil s’enchevêtrant aux nuits
Comme si la nuit Était la terre des couleurs Comme si la verdure et l’automne Naissaient du gel fixé aux branches Comme si ces vivants que l’on nomme Sel de la terre ou lumière de nuit Ne pouvaient pas se contrefaire Ne pas avoir un ventre déférent Des seins décents aimables complaisants Où en es-tu je vis j’ai vécu je vivrai Je crée je t’ai créée je te transformerai Pourtant je suis toujours par toi l’enfant sans ombre Je t’ai imaginée.